Le blogger

vendredi 24 juillet 2026

Essais routier de la Suzuki GSX-R 1000R 2026

Pour cet article je vous propose l'essai routier de la Suzuki GSX-R 1000 2026. Il s'agit de la traduction de l'article tiré du magazine britannique "Fast Bike" n°443 de septembre 2026. 

L'essai routier de la GSX-R 1000R 2026 

J'étais ravi lorsque Suzuki a ramené la GSX-R1000R dans ses concessions. Lorsque l'ancien modèle a discrètement disparu, victime du durcissement des normes antipollution, j'ai vraiment eu l'impression d'assister à la fin de l'une des plus grandes lignées de motos sportives. Quarante ans d'histoire de la GSX-R ne pouvaient tout de même pas s'achever ainsi… n'est-ce pas ?

Heureusement, Suzuki est revenu à la raison. Pour 2026, la GSX-R1000R est de retour, et je ne peux que m'en réjouir. J'entretiens un lien particulier avec ce modèle : j'en ai acheté une en 2019, avec laquelle j'ai ensuite couru en compétition. Au fil d'une saison faite de podiums et de moments mouvementés, j'ai énormément appris sur cette Suzuki. Ce n'est ni la plus séduisante ni la plus sophistiquée, mais c'est une excellente machine polyvalente qui, à l'image de la Kawasaki, rend l'accès aux sportives de 1000 cm³ plus abordable.

À première vue, on pourrait croire que les ingénieurs de Suzuki se sont contentés de passer un après-midi tranquille, de coller une paire d'ailettes en carbone sur le carénage, puis de rentrer chez eux. En réalité, c'est tout le contraire.


 

Sous une carrosserie familière se cache un moteur qui a fait l'objet d'un travail considérable afin de satisfaire aux normes Euro 5+, sans étouffer tout ce qui faisait le charme du modèle d'origine. Ce n'était pas une mince affaire. D'ailleurs, si l'on équipe cette nouvelle version et l'ancienne GSX-R1000R de lignes d'échappement de compétition identiques, le nouveau moteur développe en réalité environ cinq chevaux de plus.

Mais le plus important est ailleurs : cette moto procure toujours les sensations d'une véritable GSX-R. C'est sans doute là le plus grand mérite de Suzuki. Plutôt que de courir après toutes les modes et les gadgets du moment, le constructeur a fait évoluer la moto juste ce qu'il fallait pour qu'elle reste dans l'air du temps, sans perdre le caractère qui fait des GSX-R des machines aussi remarquables depuis des décennies.

Une fois installé à son guidon, un sentiment de familiarité s'impose immédiatement. Le tableau de bord LCD ne fera sans doute pas se précipiter les propriétaires de Ducati sur Instagram, mais il a le mérite de ne pas vous noyer sous une avalanche de menus, de sous-menus et de graphismes qui semblent tout droit sortis de l'écran de chargement d'une PlayStation. Les commandes sont simples, les aides électroniques se prennent rapidement en main et, fait suffisamment rare pour être souligné, nul besoin d'un diplôme en informatique pour réduire le niveau du contrôle de traction d'un simple cran. Tout est remarquablement intuitif. Si vous avez déjà possédé une GSX-R, vous vous sentirez probablement chez vous avant même d'avoir démarré le moteur.

Cette impression ne disparaît pas une fois en mouvement. La position de conduite offre un excellent compromis entre sportivité et confort. La selle n'est pas excessivement haute, le réservoir est étroit entre les genoux et, si les demi-guidons conservent leur inclinaison typiquement Suzuki – qui a toujours tendance à faire légèrement rentrer les poignets –, ils ne deviennent jamais réellement fatigants. Comparée à certaines sportives plus radicales de ce comparatif, la GSX-R se montre étonnamment accueillante. On pourrait sans difficulté passer une journée entière à son guidon sans en descendre en marchant comme John Wayne.

Vient ensuite le moteur. Si la Kawasaki ZX-10R évoque déjà une conception à l'ancienne, la Suzuki semble presque appartenir à une autre époque, en survêtement des années 1990 et avec Oasis dans les écouteurs. Et c'est ici le plus beau compliment que l'on puisse lui adresser. Alors que la concurrence cherche avant tout à impressionner par des envolées spectaculaires à très haut régime, la GSX-R reste fidèle à sa philosophie avec un quatre-cylindres généreux en couple, souple et particulièrement exploitable sur route.

Malgré les profondes modifications internes apportées pour répondre aux normes actuelles, le caractère du moteur demeure étonnamment proche de celui de son prédécesseur. Et c'est une excellente nouvelle. Contrairement à certains quatre-cylindres en ligne qui vous incitent en permanence à maintenir le compte-tours au voisinage de la zone rouge, celui de la Suzuki fait preuve d'une remarquable souplesse. Sa grande plage d'utilisation doit beaucoup au système de distribution variable (VVT), dont le fonctionnement est si discret que l'on en oublie totalement la présence.


 

Il est ainsi possible de traverser un village en sixième à un peu plus de 40 km/h sans que le moteur ne manifeste la moindre mauvaise humeur. Il suffit ensuite d'ouvrir progressivement les gaz pour sentir la GSX-R reprendre son élan avec assurance et accélérer jusqu'à des vitesses très élevées. Elle n'offre pas les accélérations brutales dès les plus bas régimes d'une Aprilia RSV4 Factory ou d'une BMW S 1000 RR, mais sa réserve de puissance est largement suffisante pour mettre votre permis de conduire en péril.

Mieux encore, cette puissance n'a rien d'intimidant. La réponse à l'accélérateur est à la fois linéaire et prévisible, donnant au pilote la confiance nécessaire pour exploiter pleinement le moteur sans jamais craindre qu'une simple rotation de la poignée de gaz ne l'expédie dans le fossé le plus proche.

Paradoxalement, cette absence d'agressivité tient peut-être en partie à la cartographie d'injection, un point sur lequel nous reviendrons un peu plus loin. Toujours est-il qu'au guidon de la Suzuki, on ne passe pas la moitié de son temps à se demander si l'on est sur le bon rapport ou au régime idéal. La moto fait simplement son travail avec une efficacité désarmante, valorisant son pilote sans jamais paraître aseptisée.

À cela s'ajoute une boîte de vitesses assistée par un shifter et un blipper particulièrement réussis, dont le fonctionnement se distingue par sa douceur et sa précision. Certes, c'est sur circuit et à haut régime que l'ensemble révèle tout son potentiel, mais les montées comme les descentes de rapports s'effectuent avec une facilité remarquable.

Bien sûr, le moteur ne fait pas tout. La manière dont la GSX-R aborde les virages est tout aussi importante et, fidèle à la tradition Suzuki, elle le fait sans la moindre démonstration inutile.

Comme je l'avais déjà constaté à Cadwell Park, je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle est la moto la plus vive à l'inscription en courbe de ce comparatif. En revanche, ce qu'elle concède en agilité pure, elle le compense largement par la confiance qu'elle inspire. Chacune des sollicitations du pilote reçoit une réponse progressive, naturelle et parfaitement prévisible, une qualité qui prend toute son importance lorsque l'on hausse le rythme sur les routes secondaires britanniques, souvent loin d'être irréprochables.

L'avant transmet avec précision tout ce qui se passe sous le pneu, tandis que l'arrière n'hésite pas non plus à participer aux sensations. Associée à la suspension Showa, la partie-cycle absorbe avec une efficacité remarquable la plupart des imperfections de la chaussée, donnant à la moto un comportement stable, rassurant et parfaitement maîtrisé.

Curieusement, c'est dans les virages les plus serrés et les plus techniques que je l'ai le plus appréciée. Ce sont pourtant généralement ceux qui me font douter de mes propres capacités. Les virages lents sollicitent davantage le pneu avant, et je suis habituellement bien plus à l'aise dans une grande courbe rapide que dans une épingle négociée en première vitesse. La Suzuki, en revanche, semble se délecter de ces passages délicats. Elle reste fidèlement sur sa trajectoire, informe avec précision de l'adhérence disponible et accomplit son travail avec une discrétion exemplaire.

Au final, elle offre un excellent compromis entre stabilité et agilité. Luke et moi n'étions d'ailleurs pas tout à fait d'accord sur sa place dans ce comparatif — je l'ai classée troisième, tandis qu'il la plaçait cinquième — mais aucun de nous n'a quitté son guidon en pensant qu'elle souffrait d'un mauvais comportement.

Le même constat vaut pour son freinage. Lors du lancement de cette génération en 2017, les performances étaient sérieusement pénalisées par un ABS beaucoup trop intrusif, qui intervenait de manière excessive. En 2026, les mêmes étriers monoblocs Brembo peuvent enfin exprimer pleinement leur potentiel. La puissance est bien présente, le ressenti au levier est convaincant et l'endurance ne faiblit pas, même lors des freinages appuyés.

Cela étant, la Suzuki est l'une des deux seules motos de cet essai à avoir déclenché son ABS lors de notre utilisation sur route. Certes, cela est resté relativement rare, mais lorsque le système intervenait, il était difficile de ne pas le remarquer et il n'était pas toujours évident d'anticiper le moment où il entrerait en action. Contrairement à plusieurs de ses concurrentes, elle ne dispose pas non plus d'un mode ABS paramétrable : il faut donc adapter son freinage et agir avec davantage de progressivité.

Puisque nous parlons d'ABS, c'est le moment idéal pour évoquer l'ensemble de l'électronique embarquée. Si vous descendez tout juste d'une BMW, d'une Ducati ou d'une Aprilia, le contraste est saisissant : c'est un peu comme remplacer le dernier iPhone par un vieux Nokia 3310.

Au centre du dispositif trône toujours le traditionnel tableau de bord LCD. Il affiche toutes les informations réellement utiles : régime moteur, rapport engagé, niveau du contrôle de traction et les données essentielles. En revanche, il se passe des graphismes sophistiqués, des menus animés et des écrans tactiles qui équipent désormais nombre de ses rivales. Soyons honnêtes, son apparence accuse aujourd'hui le poids des années. On imagine déjà les internautes s'en donner à cœur joie en le critiquant. Pourtant, malgré son esthétique dépassée, il reste parfaitement lisible, logique et d'une simplicité d'utilisation rafraîchissante.

Il est finalement très agréable de monter sur une moto sans devoir passer dix minutes dans les menus — ou regarder une vidéo sur YouTube — simplement pour modifier la cartographie moteur.

Cette philosophie de simplicité imprègne l'ensemble de la machine. Vous ne trouverez ni contrôle du wheeling indépendant, ni réglages d'intervention virage par virage, ni une multitude d'acronymes électroniques capables de remplir une grille de Scrabble. Pas de limiteur de vitesse pour la voie des stands, pas de suspensions semi-actives, pas davantage d'interminables sous-menus dans lesquels il est facile de se perdre.

Sur le papier, la GSX-R cède inévitablement du terrain face à plusieurs de ses concurrentes lorsqu'il s'agit de comparer les équipements électroniques. Dans la pratique, sur route, je ne me suis pourtant presque jamais surpris à regretter l'absence de ces raffinements. Les aides dont elle dispose remplissent parfaitement leur rôle. À une occasion, en plein virage, la roue arrière a perdu son adhérence sur une plaque de gravillons. Le contrôle de traction était réglé sur le niveau 1, le moins intrusif, et il est intervenu instantanément en réduisant la puissance, m'évitant très probablement une sortie de route. Voilà exactement le type d'assistance électronique que j'attends d'une moto.

Le tarif joue également un rôle essentiel dans le retour en grâce de cette Suzuki. Avec la Kawasaki, elle demeure l'une des sportives de 1 000 cm³ les plus accessibles du marché. Suzuki aurait très bien pu multiplier les gadgets électroniques, installer un superbe écran TFT, augmenter le prix de cinq ou six mille euros et présenter cela comme un progrès. Au lieu de cela, la marque a choisi de préserver l'accessibilité de la GSX-R, et c'est un choix que j'apprécie sincèrement.

Au fond, c'est ce qui résume le mieux cette moto. Ce n'est ni la superbike la plus spectaculaire, ni la plus avancée technologiquement, ni celle qui affiche les chiffres les plus impressionnants sur sa fiche technique. En revanche, c'est une machine extrêmement homogène, terriblement attachante et qui incarne parfaitement l'esprit GSX-R.

Elle me fait penser à un vieil ami qui arrive au pub avec une veste neuve. Il a peut-être un peu soigné son apparence, mais au fond, il reste exactement la même personne avec laquelle on a toujours aimé passer du temps. Et, à mes yeux, c'est précisément ce que Suzuki devait préserver.

Fast Bikes September 2026

 

Puissance maxi 184,51 chevaux !

Pour être parfaitement franc, la Suzuki a présenté la courbe de richesse air/carburant la moins convaincante de tout ce comparatif. Le moteur fonctionne avec un mélange sensiblement trop pauvre dès les bas régimes et le reste jusqu'à environ 9 000 tr/min. Il ne traverse ensuite que brièvement la plage de fonctionnement idéale avant de basculer à l'excès inverse, avec un mélange devenant trop riche.

Le résultat est sans appel : sur le banc de puissance, le moteur s'est montré sensiblement moins vif et plus apathique que ceux de ses rivales, une impression que les courbes de mesure n'ont fait que confirmer.

Avec 184 ch à la roue arrière, la GSX-R1000R est la moto la moins puissante de cet essai. Pour autant, je suis convaincu que le moteur lui-même n'est pas en cause. À mon avis, une reprogrammation sérieuse du calculateur (ECU) permettrait de libérer sans difficulté cinq ou six chevaux supplémentaires, portant la puissance aux environs de 190 ch.

J'ai le sentiment qu'une grande partie du problème provient de la ligne d'échappement très restrictive imposée par la norme Euro 5+ ainsi que des réglages de gestion moteur destinés à satisfaire les exigences en matière d'émissions. Les précédentes GSX-R1000R conformes à la norme Euro 4 délivraient leur puissance de manière nettement plus homogène, et le passage aux nouvelles normes semble avoir contraint Suzuki à adopter des compromis de carburation loin d'être idéaux.

La bonne nouvelle, c'est qu'à l'image de la BMW, le système de distribution variable (VVT) n'entraîne aucune rupture perceptible dans la délivrance de la puissance. Les transitions entre les différentes phases de fonctionnement sont totalement imperceptibles, ce qui laisse penser que les bases mécaniques du moteur restent particulièrement solides.

Libérez ce moteur de sa cartographie d'origine, trop bridée par les contraintes environnementales, ainsi que de son échappement restrictif, et je suis persuadé qu'une GSX-R1000R sensiblement plus performante ne demande qu'à s'exprimer.

Ce qu'en dit Luke

Ce fut un jour bien triste lorsque la GSX-R disparut des concessions et que Suzuki se retrouva à ne proposer, pour représenter sa gamme sportive sur route, qu'une 125 cm³ et un bicylindre parallèle. Mais aujourd'hui, elle est de retour.

Notre rédacteur en chef, Bruce, est revenu de sa présentation internationale absolument enthousiaste, et il est facile de comprendre pourquoi. Dans sa conception, cette nouvelle GSX-R paraît presque appartenir à une autre époque… mais dans le meilleur sens du terme. Sur route, elle ne déçoit absolument pas.

Là où la Kawasaki ZX-10R donne simplement l'impression d'avoir vieilli face à ses concurrentes — comme une moto moderne désormais dépassée —, la GSX-R, elle, assume pleinement ses valeurs traditionnelles : un moteur au caractère affirmé, capable de reprendre vigoureusement dès les bas régimes, associé à une ergonomie pensée pour un usage quotidien.

Même lorsque l'on introduit la clé de contact et que le tableau de bord LCD s'anime, il dégage un certain charme nostalgique. En revanche, il n'est plus aussi agréable à consulter à vitesse élevée lorsqu'on s'est habitué aux écrans TFT modernes, offrant plusieurs affichages personnalisables.

La position de conduite privilégie clairement le confort sur longue distance, un aspect qui a toujours fait partie de l'ADN des GSX-R. Les demi-guidons sont suffisamment larges et placés à une hauteur raisonnable. Tout est conçu pour permettre de passer une journée entière en selle et d'en descendre avec de bons souvenirs plutôt qu'avec des douleurs dans les poignets ou les épaules. À ce chapitre, seule la BMW fait, selon moi, légèrement mieux que la Suzuki.

Les suspensions offrent ce confort typiquement Suzuki, absorbant avec beaucoup de douceur les irrégularités de la chaussée et permettant de maintenir un rythme soutenu sur des routes dégradées. La direction n'est ni particulièrement vive ni nerveuse, surtout comparée à celles de ses rivales. L'avant n'offre pas la précision incisive des Yamaha ou Kawasaki, mais, en contrepartie, le train arrière se montre bien plus tolérant et plus facile à exploiter.

À vrai dire, je suis un peu déçu que Suzuki n'ait pas simplement habillé cette moto d'un carénage inspiré des mythiques GSX-R K5/K6 ou K7/K8. Les proportions de la selle passager, associées à ce volumineux silencieux, manquent d'harmonie, et je suis persuadé que la clientèle visée aurait apprécié un clin d'œil plus marqué aux modèles emblématiques du passé. D'ailleurs, comment est-on censé fixer un sac de selle sur un arrière pareil ?

J'ai également le sentiment que les ailettes aérodynamiques relèvent davantage d'un effet de mode — même si je ne doute pas de leur efficacité sur circuit — destiné à donner à la moto une apparence plus contemporaine. J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer également les choix de coloris.

Quoi qu'il en soit, si l'absence d'une nouvelle GSX-R avait laissé un vide dans votre cœur comme dans votre garage, cette moto ne vous décevra pas. Elle possède tout le caractère que l'on est en droit d'attendre d'une GSX-R1000R, tout en parvenant à satisfaire les très contraignantes normes Euro 5+. Un travail particulièrement impressionnant de la part de Suzuki. 

mercredi 4 février 2026

Kawasaki ZXR-7 Team Kawasaki France 1991

Aujourd'hui nous allons remonter le temps pour nous projeter en 2014 et plus précisément au salon Intermot de Köln. A cette époque, ce salon était un véritable salon : tous les constructeurs étaient présents avec leurs nouveaux modèles et la plupart des stands exposaient des machines de compétition, anciennes ou nouvelles générations. Le stand Kawasaki ne faisait pas exception et présentait de magnifiques modèles, dont cette sublime Kawasaki ZXR-7 TKF de 1991.

La Kawasaki ZXR-7 Team Kawasaki France

Autant le dire tout de suite, cette moto est une véritable légende. Avec son esthétique particulièrement réussie, elle a même donné lieu à une version réplica route créée par Godier Genoud. La ZXR-7 a remporté de nombreux succès en Endurance, avec l'équipe Team Kawasaki France (TKF) de Kawasaki Motors France (KMF)

La Kawasaki ZXR-7 de la Saison 1990 d'Endurance 

L'aventure de la Kawasaki ZXR-7 en endurance a commencé en 1998. Après quelques déboires, notamment en raison de problème de fiabilité (alternateurs etc.), Kawasaki gagne le Bol d'Or sur le circuit Paul Ricard en 1991, devenant ainsi champion de monde d'Endurance 1991.

La ZXR-7 répond au règlement TTF-1, avec une cylindrée de 749 cm3. Ce moteur a été livré durant les 8 heures de Suzuka 1991; auparavant il s'agissait d'un moteur de série équipé d'un kit racing.
C'est un quatre cylindres, quatre temps, seize soupapes à refroidissement par eau. Il développe environ 140 chevaux à la roue arrière à 13 500 tr/mn, avec un régime maxi à 14 200 tr/mn maxi. Cette limite était abaissée pour la course, afin d'assurer la fiabilité sur 24 heures.
Ce moteur est alimenté par quatre carburateurs Keihin à guillotine de 39 mm 
Livré du Japon, le quatre cylindres est ensuite préparé et adapté par TKF à Anemasse. 
 
La ZXR-7 1991. Une véritable machine d'usine avec ses carters en magnésium, son alu aux soudures brut de fonderie, le carbone kevlar et le titane pour le collecteur d'échappement.
 
Le cadre est spécifique, c'est-à-dire qu'il n'est pas issu de la moto de série. Il est constitué de deux longerons en alu sans berceau inférieur. Il y avait aussi quatre types de té de fourche disponibles, afin  de jouer sur la chasse tout en gardant les 24° d'angle de la colonne de direction.
La fourche est une Kayaba inversée, réglable en compression, détente. La jante Marchesini est une 17 pouces. 
Le bras oscillant est disponible en trois versions, il y avait trois centimètres de différence entre la version courte et longue. L'amortisseur, monté sur le système unitrack, est un Kayaba, entièrement réglable.
La jante arrière pouvait être en 17 ou 18 pouces, un héritage du passé. 

Le poids à sec est de 155 kg et son réservoir en aluminium fait 24 litres, comme la réglementation l'exige. 

La face avant de la ZXR-7 1991, le phare pouvait être rouge 

Le moteur de la ZXR-7 développait 140 chevaux à la roue arrière. On note le Ram Air avec son manchon carbone-kevlar  

Il existait trois versions de bras oscillant usine, plus ou moins courts, c'était selon. Le silencieux d'échappement est en carbone. Notez le maitre-cylindre du frein arrière. 

La ZXR-7 est tout simplement magnifique

La fourche est une Kayaba, les disques des Brembo

Il y avait quatre versions de té de fourche disponibles

Les étriers de freins 4 pistons sont des ISR suédois et la jante Marchesini


La saison 1992 repart sur la même base mais la suspension arrière est retravaillée. Multipliant les victoires, la ZXR-7 remporte une nouvelle fois le titre de champion du monde d'Endurance 1992.

La ZXR-7 aux essais pré-24 heures du Mans.  Le système Unitrack a été retravaillé et l'échappement n'est plus en carbone. L'équipe fait la part belle aux Anglais avec Fogarty, Rymer, Hislop

Poster de la ZXR-7 1992. Il ornait un mur de ma chambre bien entendu.

 

Liens

Brochure Kawasaki ZX-7 R 1997 

samedi 30 août 2025

Tout savoir sur la Suzuki DR 750

La Suzuki DR Big 750 S était vendue chez nous sous le nom de "Desert Express"

En 1976, Yamaha commercialise le trail monocylindre 500 XT 4 temps qui devient rapidement un succès commercial grâce à sa simplicité et à son prix, qui séduit les motards un peu fauchés ou en quête d'aventures. Quelques années plus tard, en 1980 pour être exact, le constructeur allemand BMW présente la R 80 GS, le premier gros trail bicylindre qui se démarque par ses réelles aptitudes sur route. En 1987, Honda peaufine le concept avec un trail caréné : la Transalp 600V.
En 1988, Suzuki tente de réunir le meilleur des deux mondes (du trail) en sortant le plus gros monocylindre du monde : la DR 750 S qui se place au sommet de la gamme trail du constructeur d'Hamamatsu.
 
Les premières informations parues dans la presse annonçait la cylindrée mais sous forme d'un piston ovale

 

DR Big ou Desert Express ?

 
En réalité, les deux, même si "DR Big" a largement fait oublier le "Desert Express" des débuts. En France, l'importateur avait choisi l'appellation "Desert Express" pour mettre en avant le côté Paris-Dakar et les raids africains qui étaient très en vogue à l'époque. D'ailleurs, la Suzuki DR 600 était déclinée en version "Djebel". Malgré l'autocollant apposé sur le bec, ce nom "Desert Express" ne plait pas aux journalistes et motards français, qui lui préfèrent l'autre surnom utilisé sur d'autres marchés, "DR Big", même si aucun autocollant n'y faisant mention ne sera officiellement apposé sur la machine française.

Présentation

La présentation mondiale de la DR 750 a lieu au cours du second trimestre 1987,  mais le modèle présenté au salon de Paris est encore une version  de pré-série,  avec un cadre dont les soudures ne sont pas vraiment soignées et des plastiques de qualité médiocre. La version définitive apparaît au catalogue Suzuki en 1988.

Brochure Suzuki France de la DR 750 1988

La DR a une esthétique clivante : elle plaît ou pas, mais elle ne laisse pas indifférent, surtout avec son « bec de canard ». L'exercice de style faisait débat, mais il a été largement repris par d'autres constructeurs, comme BMW ou Triumph. Les deux réservoirs sont suffisamment bas pour abaisser le centre de gravité ; ce n'est plus un bidon posé sur un cadre, comme sur les DR 600.

Le cadre et le moteur sont peints dans la teinte de la moto, ce qui est assez joli, même si la peinture se révèlera finalement fragile. Les fourreaux de fourche sont protégés par des ensembles en ABS, et on note également la présence d'un sabot moteur en ABS ainsi que d'un porte-paquet très pratique qui fait l'unanimité.

Le tableau de bord est moulé dans un plastique bon marché et ses cadrans sont trop petits. Le pot d'échappement rouille rapidement, mais cela n'avait guère d'importance, car c'était la première chose que les propriétaires changeaient. D'une manière générale, la finition était en rapport avec le prix.

La moto est disponible en deux coloris : bleu/blanc ou orange/blanc. Personnellement, je trouve que ces teintes mettent en valeur les lignes de la moto. En tout cas, je les trouve plus belles et plus emblématiques que celles des versions 1989.

 

La mécanique

 
Son moteur est un monocylindre quatre soupapes quatre temps de 727 cm3  à refroidissement mixte air/huile (comme les GSX-R) équipé d'un radiateur.
Selon les données de Suzuki, le gros mono développe 52 chevaux mais les mesures de Moto Journal diffèrent légèrement. Sur un banc de puissance, la "Big" sort à l'embrayage 44,4 chevaux à 6 000 tr/mn pour un couple maximal de 5,6 mkg à 4 500 tr/mn. Des chiffres  La question est de savoir si la moto était suffisamment rodée.
Le mono est alimenté par deux carburateurs Mikuni de 33 mm "Slingshot", une technologie bien connue des amateurs de GSX-R
 
Vue détaillée sur le haut moteur de la DR 750

Il lui faut deux bougies, Suzuki n'est jamais trop avare avec NGK et le démarrage se fait à l'aide d'un démarreur assisté d'un système de décompression. Le démarrage nécessite un mode d'emploi, il faut tirer le décompresseur, serrer le levier d'embrayage, puis appuyer sur le démarreur. Et comme rien n'est simple, la tirette du starter est planquée sous le réservoir côté gauche.

Pour limiter les vibrations inhérentes au monocylindre, surtout lorsque celui-ci fait de près de 750 cm3, les ingénieurs ont effectué un véritable travail sur la distribution. La chaîne est reliée à un balancier d'équilibrage et non pas directement au bout du vilebrequin. Le résultat s'avère bluffant pour un gros mono.

"le moteur surprend par son absence de vibrations et sa poussée très linéaire"
"les pulsations de la grosse gamelle du 750 Suzuki sont filtrées par un choix technique qui privilégiera sûrement la longévité"

L'écorché du moteur permet de voir l'ingénieux système de distribution

Pour le rendement mécanique, le constat est mitigé. Le gros mono ne reprend pas très bien à moins de 3 000 tr/mn et n'aime pas vraiment être emmené au dessus de 6 500, sa plage d'utilisation est plutôt faible seulement 3 500 tr/mn !
 
Le journaliste Hervé Guilleux résume ses 4 000 kilomètres d'asphalte et de pistes africaines : 
 
"Le ronronnement de son énorme et unique cylindre me hantera encore longtemps. Malgré un moteur calme mais plein de couple à bas régime, la "Big" est une machine qui marquera le millésime 1988" 
 
Quand un autre écrit :
 
"On lui reprochera un moteur "mollasson" et sans brio. de la route, elle en fera bien sûr, mais son moteur reste un mono avec les limites que cela implique en termes de performances. reste sa partie-cycle très rigide et efficace sur parcours sinueux"  
 
même si :
  
 "La 750 Suzuki est LA machine à abattre des kilomètres. tenue de route irréprochable et moteur plein de coffre lui permettent de ne jamais baisser de rythme"  

La vitesse de pointe, même si ce n'est pas primordial pour ce type de moto, est de 153 km/h. Ses reprises ne sont pas mauvaises, mais pas meilleures que celles d'un 600, plus légère, et c'est la même chose pour les accélérations.
En revanche l'embrayage est souple et la boite de vitesse à 5 rapports est rugueuse. Elle peut même devenir franchement dure lorsque le moteur chauffe, surtout en ville.
 

La partie-cycle

 
Le cadre en tubes d'acier est un simple berceau tubulaire, dédoublé sous le moteur. Il est soit bleu, soit orange.
Sa fourche est d'un diamètre de 41 mm avec un débattement de 240 mm. Son système d'amortisseur arrière est de type Full-floater, un système utilisé depuis de longues années sur les moto cross et sportives de la marque. L'amortisseur est uniquement réglable  en précharge, c'est à dire par le ressort.
 
Le cadre est relativement simple mais efficace


Le système Full Floater est un classique chez Suzuki


Pour le freinage ce n'est pas compliqué, un disque à l'avant et un tambour à simple came à l'arrière mais ça marche même si le tambour peut occasionner des blocages sur les gros freinages :
 
"L'étrier simple piston de la Big est très efficace et réussit la performance d'arrêter les 212 kg en toute tranquillité"
"Celui de la Suzuki se fait oublier, et pour cause, il est correct. puissance et endurance sont excellentes alors qu'un peu peu plus d'agressivité ne lui ferait pas de mal" 

Les jantes à rayons accueillent des 90/90x21 et 130/80x17.
Le poids à sec annoncé par l'usine est de 179 kg, mesuré à 212 kg avec les pleins. Il faut dire que la moto embarque un réservoir (ou plutôt deux) d'une capacité de 29 litres. La consommation moyenne est de 6,5 litres au 100 km pour une autonomie de 400 kilomètres.
Enfin, il faut être grand pour monter sur la Big puisque sa hauteur de selle est située à 876 mm
 
Véritable valeur étalon de la catégorie, à l'instar de la V-Strom 1050 plus tard, la partie-cycle est vraiment le point fort de la moto.

"La Big est un régal sur bitume grâce à la précision et la stabilité de sa partie cycle".

Et en tout-terrain ?

D'un comportement excellent sur la route on pouvait craindre le pire en tout-terrain et il n'est est rien. Elle n'a pas la légèreté d'une 600 et pourtant dans sa catégorie gros trails elle s'impose comme la reine des chemins et de la piste. La tenue de cap est parfaite, l'avant est fermement collé au sol et la direction reste légère.

"La Big est carrément surprenante en TT quand on sait qu'elle pèse 212 kg tous pleins faits. Elle se débrouille en effet de façon très honorable, et le parfait équilibre de sa partie-cycle dû à une bonne répartition des masses, ainsi que sa précision de direction dû elle, à sa bonne géométrie, sont ici payant." 

Le journaliste Hervé Guilleux a eu la chance de rouler dans le désert africain avec la DR, il raconte :

"Dès qu'il faut virer dans le sable mou, la Desert Express se laisse mettre en glissade de l'arrière avec une facilité déconcertante et on oublie instantanément son poids"  

Le moteur aussi n'est pas en reste, sa progressivité lui permet de garder l'adhérence de la roue arrière même sur terrain glissant. Un poil décevant sur la route, il révèle des qualités certaines en TT.

La DR Big s'avère surprenante d'efficacité en TT. Sans grosse préparation, elle fait le bonheur des privés lors des rallye-raids 

1989, la DR évolue

1989, une déco plus sobre, bof-bof, avec toujours le "DR-BIG" totalement absent chez nous

En 1989, la DR évolue un petit peu. Elle bénéficie d'une nouvelle déco beaucoup plus sobre puisque le cadre et le moteur perdent leur peinture par contre le sabot et les protèges fourche sont de la couleur de la moto. La selle devient bi-ton.
Elle reçoit un disque de frein arrière en remplacement du tambour. Son prix connait une légère inflation puisqu'elle est vendue 33 103 francs. C'est sa dernière année de commercialisation puisqu'en 1990, la DR BIG 750 laisse sa place à la 800 au caractère plus affirmé mais c'est une autre histoire...

Le moteur 800 cm3 n'était pas seulement réservé à DR Big phase 2

La DR 750 1988 était vendue 30 453 francs avec une année de garantie.
La version 1989 était vendue 33 103 francs.  Cette année-là certains modèles 1988 pouvaient être bradés 27 000  francs en concession.

La Big DR Zeta des rallye-raids

La Suzuki DR 820 version rallye-raid lors de sa mise au point en 1987. Elle n'a pas encore ses couleurs  Marlboro, ni son écran de phare. Notez qu'elle est équipée d'un disque de frein arrière.

Le prototype est équipé de deux phares ronds

A la fin du mois d'août 1987, la version rallye-raid de la Big DR entre en phase de test dans le sud de la France puis en Espagne. Si la moto reprend la base de la future 750, son monocylindre aux carters en magnésium est néanmoins poussé à 820 cm3, sa puissance est alors estimée à 65 chevaux.
Son cadre est renforcé dans sa partie arrière puisque des réservoirs supplémentaires y sont installés.
Les pilotes d'essai sont Gaston Rahier (décédé en 2005) le team manager et André Boudou
En 1988, Gaston Rahier remporte le rallye des pharaons mais faute d'un budget ambitieux, la "Big" ne jouera finalement qu'un rôle d'outsider durant sa courte carrière en compétition.   

Le pilote Belge Gaston Rahier au guidon de la DR 820 au rallye de Tunisie 1988


De la Big DR à la V-Strom

En Suzuki commercialise la V-Strom 1050 XT qui rend un bel hommage à la Big DR en reprenant le coloris si caractéristique orange/blanc. Enfin quelques années plus tard, la V-Strom 1050 DE se pare du non moins charismatique bleu/blanc. 

Brochure France Suzuki V-Strom 1050

 

Liens

Sources pour cet article

 
Archives "Le garage Suzuki"
Dossier de presse Suzuki
Moto Journal n°806
Moto Journal n°809
Moto Journal n°820
Moto Journal n°823
Moto Journal n°831
Moto Journal n°837
Moto Journal n°882
Moto Journal n°901
Moto Journal n°903

jeudi 11 avril 2024

BROCHURE HONDA 125 MTX NRJ EDITION

En 1987, alors que les ondes FM étaient sacralisées par les jeunes, Honda s'associe avec la radio NRJ pour sortir une version spéciale de la 125 MTX, la 125 NRJ.

Naturellement la base ne change pas mais la moto dispose d'une déco bien spécifique avec la panthère de la radio sur les flancs de radiateur et le petit autocollant "NRJ" collé à l'arrière. Son moteur est toujours le monocylindre deux temps de 13 chevaux pour un poids à sec de 118 kg seulement, ce qui lui confère de bonnes accélérations. Avec son look branché, son bon moteur, la MTX  se vend très bien.

La brochure de la Honda MTX 125 NRJ

La brochure éditée en mai 1987 par Honda France compte deux pages 

Brochure Honda MTX 125 NRJ 1987

Brochure Honda MTX 125 NRJ 1987

La brochure peut être scannée gratuitement et intégralement en haute résolution sur demande pour les besoins de la presse papier ou bien aux clubs moto . Précisez dans votre mail le nom du média ou du club.

Aucune reproduction ne sera faite pour les particuliers.

Attention aucune brochure n'est à vendre, elles font partie de ma collection personnelle.

Liens 

 


mardi 9 avril 2024

BROCHURE SUZUKI SV 650 2021

A l'instar des "GSX-R","Bandit" le nom "SV" est une légende chez le constructeur japonais Suzuki. Aujourd'hui je vous propose la brochure de la Suzuki SV 650 2021.

La Suzuki SV 650 2021

En 2009, la Suzuki SV 650 fait place à la SFV 650 Gladius, un roadster équipé du V-Twin à 90° de 645 cm3 monté dans un cadre treillis, comme une Ducati Monster. Mais voilà, son esthétique de moto fondue au soleil manquait franchement de peps et rapidement la Gladius devint un bide qui se cantonnait aux moto-écoles.

En 2017, Suzuki retravaille son sujet et ressuscite le nom de SV. Le moteur reçoit quelques améliorations pour le rendre plus nerveux, annoncé à 76 chevaux à l'embrayage, il passe les 78 au banc. Le cadre treillis en acier est conservé, l'esthétique change et le tableau de bord devient électronique.

Par soucis d'économie, la fourche qui table sur le confort ne compte aucun réglage mais elle est suffisante, y compris sur route défoncée. Les freins à deux pistons sont au rabais tout comme les pneus, des médiocres Dunlop Qualifier.
Il faut attendre 2019 pour voir une première évolution, nouvelles pinces de freins à 4 pistons, pneus Dunlop Roadsmart et réservoir à la contenance amélioré, 14,5 litres contre 13,8 litres en 2017.
Le poids s'établit à 198 kg tout plein faits. Certains vous diront que c'est beaucoup par rapport à une SV 650 2006 au cadre alu qui pesait seulement 165 kg mais ce chiffre est obtenu à sec et la moto n'a pas le gros catalyseur de la norme Euro 4.

En 2021, c'est le passage à l'Euro 5 avec une perte de 3 chevaux et d'un peu de caractère. Vous l'aurez compris, les versions 2019-2020 sont préférées.

La brochure de la SV 650 2021

La brochure de deux pages seulement est destinée au marché français

Brochure Suzuki SV 650 2021

 
Brochure Suzuki SV 650 2021

La brochure peut être scannée gratuitement et intégralement en haute résolution sur demande pour les besoins de la presse papier ou bien aux clubs moto . Précisez dans votre mail le nom du média ou du club.

Aucune reproduction ne sera faite pour les particuliers.

Attention aucune brochure n'est à vendre, elles font partie de ma collection personnelle.

Liens