Le blogger

lundi 15 avril 2013

Kawasaki GPZ 600 R, la première 600 nouvelle génération !

"Nous avons obéi à la même politique : produire une moyenne cylindrée sophistiquée au style attrayant, qui conjugue la maniabilité et les qualités routières d'une 500 et les performances d'une 750 cm3" Iroshi Ohba
 

En 1984, Kawasaki sort une 900 cm³ capable de rivaliser avec les 1 100 cm³ : la GPZ 900 R « Ninja ». En 1985, le constructeur nippon récidive avec une 600 cm³ aux performances d'une 750 : la GPZ 600 R, extrapolée de la GPZ 400 R, disponible au Japon.

Si le projet de la GPZ 900 a nécessité cinq ans de travail, une seconde équipe s'attèle dès 1983 au projet 600. Esthétiquement, la petite 600 ne ressemble pas vraiment à sa grande sœur, et la technique employée est différente. En revanche, elle préfigure les futures Kawasaki à venir.


Esthétique

Comparée à la GPZ 900 R, la GPZ 600 R se distingue par son modernisme et sa ligne résolument sportive. Son phare profilé dans un carénage en ABS et PBT plutôt aérodynamique tranche radicalement avec le reste de la gamme Kawasaki, où trônent notamment les GPZ 750, copie de la 900, et 750 Turbo. La selle en deux parties est creusée pour caler au maximum le pilote, le réservoir, tout comme le reste de la moto, est fin, et la double sortie d'échappement, les nombreuses pièces en aluminium et le garde-boue profilé parachèvent une finition exemplaire. La GPZ 600 est la plus belle Kawasaki de la gamme, mais aussi l'une des plus belles japonaises de son époque. Son design a d'ailleurs inspiré la GPZ 1000 RX, sortie l'année suivante.


La Kawasaki GPZ 600 R reste une magnifique sportive surtout dans dans sa livrée noir ébonite/rouge pompier
  

Mécanique

Même si le moteur est à refroidissement liquide, la base reste l'ancien bloc de la GPZ 550 à air. La boîte de vitesse et le vilebrequin ne reçoivent que quelques modifications. Avec ses 592 cm³, la culasse est désormais à seize soupapes, avec deux arbres à cames, et est alimentée par quatre carburateurs Keihin de 32 mm. La chaîne de distribution est située au milieu du bloc moteur. Le moteur délivre 75 chevaux à 10 500 tr/min selon le catalogue, mais c'est bien 80 chevaux qui sortent du banc de puissance, ce qui est remarquable pour l'époque. Son couple maximal est de 5,3 mkg à 9 000 tr/min, attention, moteur pointu !


4 cylindres, 16 soupapes, 600 cm3 et refroidissement liquide. Le moteur de la GPZ était moderne

La chaine de distribution était centrale, un héritage de feue la 550
 

Partie cycle

La GPZ 600 R possède un cadre en tubes de section rectangulaire, totalement différent de celui de type « diamond » de sa grande sœur. Si le bras oscillant est en aluminium, le cadre reste en acier et reprend un design déjà vu sur la FJ 1100 ou la FZ 750 de Yamaha. La boucle en métal qui contourne le moteur n'a qu'un but esthétique, mais il faut bien admettre que le résultat est réussi. A l'instar de la Yamaha 500 RDLC, une version avec cadre alu était disponible aux USA, moyennant un supplément, mais pas en France. 

La fourche est équipée du système EVDS, un dispositif anti-plongée réglable en trois positions qui faisait fureur au début des années 1980. La roue avant de 16 pouces en 110 trahit son époque, tandis que les freins (simple piston !) et les disques sont identiques à ceux de la 900.

Le bras oscillant est en aluminium de type Uni-Trak dont l'hydraulique est réglable en quatre positions. La jante arrière est également en 16 pouces avec un pneu de 130.

Avec son réservoir de 18 litres et ses 3 litres d'huile, la GPZ pèse 195 kg à vide et 214 kg avec les pleins. 

1987. La GPZ 600 R dans son unique coloris disponible, pas terrible d'ailleurs


En route

 

Le moteur 16 soupapes est assez souple et repart sans rechigner dès 2 500 tr/min, puis toute la cavalerie débarque à 8 000 tr/min avec un bon coup de pied au cul qui nous propulse jusqu'à 11 500 tr/min. En dessous de ces régimes, la moto accélère, mais ce n'est pas tonitruant. La GPZ est donc équipée d'un moteur « on/off » avec un effet « turbo » plutôt sympathique, d'autant que la boîte de vitesse est une réussite, que les commandes sont douces et précises, et que la moto diffuse un très joli bruit d'échappement, multiplié par deux car elle est équipée de deux silencieux.

Si le châssis est largement suffisant pour les performances de la bête, il présente néanmoins deux défauts : sa roue avant de 16 pouces rend la moto agile, mais donne la sensation de tomber dans les ronds-points, et dans les longues courbes, l'avant a du mal à tenir la corde. Ensuite, les suspensions sont tellement raides qu'il faut que le bitume soit parfait pour vraiment apprécier la moto, sinon on la subit. Enfin, en ce qui concerne le freinage, aussi curieux que cela puisse paraître, la moto freine très bien avec un simple piston.


Ce qu'en dit la presse :

"la moto n'a pas tendance à se relever lors des freinages en courbe, et en ligne droite, le pilote garde une sensation précise de l'intensité du freinage"
"C'est vers 8.000 tours que le gros de la cavalerie arrive avec fracas, et ça pousse fort jusqu'à 11 500 tours. Au-dessous de ces régimes, le moteur reprend, mais l'accélération n'est pas franche."
" La kawasaki souffre de sa suspension arrière trop dure et d'une trop grande vivacité quand il s'agit de la mettre sur une trajectoire." 

En conclusion

 

1988. dernière année et unique version la GPZ 600 R "Blackbird" de toute beauté

La GPZ 600 R, sortie un an avant la Honda CBR 600 F, est malheureusement tombée dans l'oubli, alors qu'elle était une machine merveilleuse et belle. Elle trustait les podiums des courses AMA aux États-Unis, avant l'arrivée d'une concurrence plus affûtée. La GPZ 600 finit sa carrière sous le nom de « Blackbird » et passe le flambeau à sa sœur, la GPX 600 R « Warbird », inspirée de la GPX 750 R mais qui ne sera finalement qu'une simple évolution, au design moins accrocheur.

Malgré tout, la GPZ 600 R, qui s'appelait « Ninja 600 R » aux États-Unis, est la mère de la Kawasaki ZX-6R, mais aussi de toutes les sportives de 600 cm³ modernes, toutes marques confondues.

Quelques chiffres :
Vitesse maxi : 217 km/h
400 mètres départ arrêté : 12,15s
Puissance mesurée à l'embrayage : 83 chevaux soit 71 chevaux à la roue arrière. 
 
Brochure d'époque 
 

Liens

 

2 commentaires:

  1. Je possède une 600 Blackbird depuis 1998, cela fait donc 26 ans que je l'ai... Il y a 2 ans, elle a eu de gros soucis de carburation, le réparateur a bidouillé un peu, il a changé tous les faisceaux électriques et m'a dit que si cela n'allait pas vraiment mieux, il faudrait penser à changer la ligne de carbu !!!
    J'ai eu la chance de rencontrer un jeune, mécanicien moto chez un concessionnaire Mash RE et autres motos sympas, il m'a pris la moto pendant 4 semaines et me la réglée aux petits oignons ! Elle n'a jamais aussi bien marché ! Ma seule crainte, c'est que je dois passer le contrôle technique, et pour mon malheur, j'ai le rétroviseur droit dont le miroir est cassé, à mon avis c'est mort pour le CT !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour, Vous avez toujours la possibilité d'aller voir une miroiterie qui vous le fera à l'identique

      Supprimer